quelques liens

iboga.ca

 

 

 

 

Temoignages :

1) retour d'initiation au bwiti

Pour ma part, je reviens de Libreville où j'ai passé six mois pour le boulot. J'ai rencontré Tatayo en fin de sejour, malheureusement, mais nous avons eu suffisement de temps pour que je me fasse initier.


Il en resulte beaucoup de choses positives, certaines dont je ne me rends pas encore compte, d'autres plus terre a terre et bien agreable comme arreter de fumer sans aucune difficulté... je souhaitais faire cette experience, approfondir mes pensées, ma conscience, et non pour me traiter particulièrement.
Concernant tes questions et la façon dont tu abordes les choses, il suffit de faire confiance. D'abord à soi même puis aux personnes sur place qui vont t'accueillir.(....)

...En gros, j'en suis ressorti lavé et bien.

Ca parait un peu idylique comme discours mais c'est vrai que je cherchais depuis un moment ce genre d'experience et que tout s'est vraiment tres bien passé.
Le moment de l'initiation est unique, profites en bien, et dis toi bien que beaucoup de gens prieront pour toi l'heure venue. Conscience universelle bonjour. ;)

7 Septembre 2006
vladimir.dubus@gmail.com

 

2) iboga et occident :

Merci de me faire parvenir les courriers des personnes qui ont suivi la prise d’Iboga. Cela me donne envie de mettre par écrit quelques éléments de mon expérience(après la coupure de corde,quelques mois avant l'initiation).
Je trouve que :


1-     l’Iboga est extraordinairement écologique et assertive au sens où elle me soutient dans mon intention, dans mes intentions de l’instant.


Les jours, les semaines après la prise de l’écorce de la racine mes questionnements existentiels,sont plus pertinents. Les réponses qui surgissent sont plus fulgurantes, plus radicales, plus évidentes.


Si je cherche la rencontre avec l’autre, j’ai le sentiment d’être plus ferme, plus simple, moins encombré pour me montrer, pour agir, pour entreprendre, pour frapper à la porte de l’autre. J’ai le sentiment durant ces semaines d’être plus fluide, plus légitime dans le fait de vivre.

Il n’y a rien à prouver, rien à imposer. Il y a à être. Etre là. J’ai eu le sentiment d’être un « individu », une « personne » plus identifiée, plus responsable, plus autonome (moins mêlé), plus pertinent dans toutes les relations, cad de mieux voir l’autre en tant qu’être, de mieux voir si l’autre est fiable, s’il est compétent, honnête…

Depuis je n’ai plus envie de discuter, au sens de discutailler, partager des pensées; il est question d’être là, de savourer ce qui est à voir, à entendre, à toucher, à sentir, à manger … c’est plus être là, partager ce qui est la vie, partager avec le vivant … et savourer.

Il n’y a rien à démontrer et pas de temps à perdre en blabla et rond de jambe, attendre que l’autre veuille bien …


Si je veux écrire j’ai le sentiment que le bois m’aide à écrire
Si je veux bricoler j’ai le sentiment que le bois m’aide à bricoler
Si je veux dormir j’ai le sentiment que le bois m’aide à dormir
Si je veux méditer j’ai le sentiment que le bois m’aide à méditer
 

2 – Je trouve qu’il y a plusieurs niveaux de réalité qui se sont révélés à moi avec l’Iboga.

2.1. d’abord il y a ce que j’ai « vu », « entendu », « rendu », « ressenti », « éprouvé » pendant l’initiation avec l’effet immédiat, « flash » ; d’après ce que j’ai expérimenté et après avoir échangé avec plusieurs personnes. Ceci est personnel pour chacun, même s’il y a bien des choses « semblables » dans ce moment au début de l’expérience.
Quelque chose me parait important à souligner : c’est de porter consciemment la responsabilité de sa quête, de sa « queste » de ses questions ! et de les tenir, de les soutenir aussi, quand des réponses apparaissent et naturellement de nouvelles questions.
J’ai eu l’impression d’avoir toujours un libre arbitre personnel. Si je demandais à la plante de me dire ou de me montrer, j’entendais, je voyais ou je comprenais.

2.2 et il y a ce qui se passe après, les jours suivant et les semaines suivantes. Et il est important de ne pas mélanger les 2 :
- ce à quoi la plante nous permet d’avoir accès
· de nous même
· du monde vivant qui nous entourre
 
- et les effets prolongés de la plante en nous, qui correspond plus à un effet « médicament » et ses effets changent avec le fil des heures, le fil des jours, des semaines, des mois.
Il est important selon moi de ne pas mélanger les 2 sinon il y a risque de focaliser sur l’effet « drogue », l’effet esprit clair, muscle souple, cœur vaillant. Sentiment d’être plus ferme physiquement, plus déterminé existenciellement, sentiment d’être puissant, pertinent, simple, profond … un homme neuf, une femme nouvelle…
… mais cela s’atténue avec le temps. Il est important de le nommer et de le valoriser pour ne pas être un occidental semeur d’illusions de plus, avec une nouvelle solution géniale : le bois ! le bois ! le bois …. Et après quelques mois … se retrouver aux abois.

7-8 mois après une prise importante de bois, après 15 jours de recherches, de veillées, d’expérience d’approche au Gabon en janvier, je prend la décision de suivre l’initiation dans la forêt … (donc expérience en cours à suivre....)
 

Mais pour moi occidental (et dans quelle mesure cela est aussi vrai pour les autres occidentaux qui font l’expérience ?) je commence à mesurer concrètement plusieurs choses
· il y a le bois
· il y a les cultures africaines qui ont intégré le bois dans leur conception, dans leur vision, dans leur approche de la vie, dans leurs rites spirituels et le bois soutient les personnes qui participent aux rituels de ces cultures, ces rituels sont différents (culture pygmée, culture fang, culture mitsogho…) (et ces cultures sont profondément des approches chamaniques de l’existence)
· et il y a le chamane, l’initiateur et ses assistants
 
Pour un africain, suivre l’initiation c’est entrer dans un groupe d’initiés, entrer dans un parcours d’existence...,pour toute l’existence; avec des obligations… des tabous… et des totems. Et le bois est une plante totémique qui nous aide à devenir qui nous sommes et qui nous soutient pour servir cad réaliser ce qui donne du sens à notre existence parmi les autres.
 
Pour l’initié africain, c’est partager avec ses frères d’initiation, de clan des rituels qui sont autant d’occasions de reprendre un peu de bois, de danser, de chanter, de veiller cad de traverser la nuit les yeux ouverts… cad de refaire alliance, de recontacter partiellement des morceaux de l’existence revélés à soi même pendant son initiation…
Pour moi occidental faire un voyage dans mes profondeurs dans les profondeurs de l’existence partagée avec l’autre, les autres…c’est autre chose que pour l’initié africain.
 
Alors se pose - pour moi complètement – pour toi ? pour vous ? – plusieurs intérrogations.
 
. avant la prise d’Iboga, qu’est-ce que je veux ? qu’est-ce que je demande à la plante ? est-ce que je veux mieux rêver ? mieux dormir ?
est-ce que je veux trouver du sens à mon existence ? est-ce que je suis prêt à entendre ce que je vais me révéler à moi même avec l’aide de la plante ? avec « l’esprit » de la plante ?
 
2. Pendant la prise massive – chacun est préparé, assisté, accompagné de son « père » d’initiation ...
3. Après « l’initiation », nous voilà initié ! et alors ?!
sans un cercle support, sans une « culture », qui intègre l’initié avec ses visions comment est-ce possible de faire que ça ne reste pas une expérience fabuleuse, fantastique, extraordinaire, etc… ?
 
Mon sentiment est que là il y tout à garder ouvert, très ouvert. Personellement je connais assez bien les traditions amérindiennes pour avoir une hutte de sudation depuis 15 années dans ma prairie, j’ai assisté à d’autres rituels et je crois avoir un peu intégré les mythes et les rites amérindiens qui permettent à l’enfant rouge de devenir un « être humain » il n’est pas question de jouer aux indiens ni de vouloir devenir indien.
 
Alors avec le bois, il n’est pas question de jouer à l’africain ni de vouloir devenir le « devin de la forêt de Rambouillet »…
 
Alors j’ai le sentiment que le bois m’oblige à m’interroger et à trouver des réponses concrètes, fines affûtées cad non dogmatiques, non intégristes mais pertinentes pour moi avec les miens.
 
Pour le moment le bois m’amène à creuser dans les directions :
· c’est quoi la vie ?
· c’est quoi ma vie ? qu’est ce que j’ai à faire de ma vie
, dans ma vie, autour de moi, concrètement…
· et si je veux servir à partir de ce que je porte avec le bois, je découvre que je suis beaucoup moins gentil, beaucoup plus confrontant, beaucoup plus ferme, exigeant même donc plus tendre, plus aimable et plus tranchant en même temps. C’est un long travail d’assimilation, de confrontation aux autres et à moi même (image de soi, imagination de ce que je devrais ..etc changement de tonicité, d’image, d’implication donc du retour des autres/soi. et comment entretenir cela – quel rituel ou quels rites ?
 
Je me découvre encore plus intéressé, non pas curieux, mais intéressé comme si j’avais faim, par les cultures traditionnelles vivantes, car ce que je comprends, chacune d’elle porte quelques chose de tangible pour me permettre d’être un être humain vivant et comme j’ai 58 ans, un être humain qui a aussi à transmettre et c’est aussi pour cela que je viens d’écrire ceci !
 
Yo !

 

18 Avril 2006
raymond.legolvan@laposte.net

 

3) iboga et chrétienté :

Bonjour Guy,
Excuse moi de ne pas t’avoir répondu plutôt...
L’Iboga, c’est Dieu qui l’a mis sur terre, ce que les hommes en font, c’est de la responsabilité des hommes. Mais l’Iboga lui-même ouvre les portes du sacré.

En ce qui concerne Tatayo, il te sera dur de trouver personne plus honnête au Gabon, pays de cueilleurs-chasseurs.Tatayo a lui-même une dimension christique de par son appartenance originelle au Bwiti Fang qui est de type écclectique christien.

Le Christ il le manifeste par sa profonde humilité et son sens aigu du partage, puisqu’il fait vivre a son propre détriment une communauté de jeunes qui se seraient fort probablement retrouvés dans les bas fonds obscurs de Libreville.

On reconnaît l’arbre à ses fruits. Ces fruits, ce sont ces jeunes qui l’entourent et qui sont probablement les seuls issus de leur milieu qu’il m’ait été donné de connaître qui ne volent pas, ne mentent pas (sauf pour blaguer) et sont capables de communiquer au patient un sentiment de confiance et de joie de vivre.


Tatayo dit que l’Iboga est le corps du Christ…Je ne sais pas, qui suis-je pour affirmer cela…Ce que je peux dire c’est que comme le Christ pour ceux qui l’ont vraiment connu, il sauve. Comme le Christ, Il est l’Amour et comme le Christ, il est une porte, un chemin. Une porte directement ouverte sur la connaissance de soi et sur le monde. Je pense bien que c’est la ou le Christ nous convie : a explorer, a chercher et a trouver, libre de toute autorité.


J’ai été adepte d’un type de christianisme fondamentaliste qui s’est révélé être une prison. Chrétien, je le demeure, mais je dirai plutôt Christien, suiveur du Christ sur le chemin de la naissance par en haut. Une vraie initiation vous fait renaître par l’Esprit. Je ne pense pas que l’on puisse vivre cette expérience autrement que par une véritable initiation, chose qui n’est malheureusement plus pratiquée dans nos Églises d’aujourd’hui mais qui le fût du temps du Christ. Rappelle toi la parole de Jesus :
 
Jean, chapitre 3

1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs.
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. "
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. "
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? "
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit.
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit : Il vous fait naître d'en haut.
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. "
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? "
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ?
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu ; mais vous n'accueillez pas notre témoignage.
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ?
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme,
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle.

 

Cette naissance par en haut est un vécu, comme une naissance, on redevient un bébé qui a tout a apprendre C’est une expérience qui ne se résume pas au simple fait de se faire asperger d’eau. Nous somme acteurs dans cette naissance, nous nous mettons nous même au monde avec l’aide de l’Esprit. C’est ce qu’on appelle être un Fils de l’homme…Je vais te dire honnêtement ce que je pense : L’Eglise en tant que Religion organisée s’est emparée de la vérité pour en faire un objet de croyance alors que le Christ nous invitait a l’expérience. En nous maintenant dans l’ignorance, elle s’est fait puissance politique et manipulatrice et a longtemps dirigé le monde. Rappelle toi que l’esclavage des noirs a été sanctifié par cette même Eglise lors du procès de Valladolid en 1550. Cette même Eglise a condamné toutes nos pratiques ancestrales sans discrimination, les taxant de satanisme. Encore une fois, on reconnaît un arbre a ses fruits, je te laisse juger…

Les pygmées connaissaient le Christ avant l’arrivée des blancs.
L’Iboga et l’initiation sont un des moyens aujourd’hui proposés au monde de retrouver ce qui a été volontairement perdu.

Ceci dit il y a d’autres voies et méthodes, qui s’offrent a ceux qui sont prêts. D’autres traditions ont conservé ce qui avait été donné aux origines, mais l’authentique est de plus en plus rare et se cache dans l’Eden que sont les forêts d’Afrique centrale.

Bien sûr l’Arbre de vie est entouré des dangers qui font fuir celui qui ne le veut pas vraiment….

6 Septembre 2006
djoan@art-africain.org

 

 

4) la légèreté de l'être

Bonjour Cédric,
Je peux apporter des réponses mais avant je te demanderai de te présenter un peu : ton âge, ton métier ou ta (tes) formation(s), situation de famille etc.. Tu parles d'un intérêt pour le chamanisme : qu'en est-t-il exactement : sans exagération, sans vouloir impressionner, sans mentir en fait, explique moi, si tu veux bien, ce que tu cherches et comment tu l'as cherché jusqu'alors.
Je te préviens que je ne crois pas à la magie, que je ne crois pas au fantastique et que je ne rentre pas dans ce jeu qui consiste à croire que l'on est un élu quand on a pris du Bois. Plus précisément je m'oppose à cette attitude qui consiste à croire, dès lors que l'on a pris du Bois, que l'on est investi d'une mission particulière et que l'on a un rôle d'enseignant à jouer auprès des 'autres'.
Je précise bien que je parle ici des petits peignes cul de blancs, qui partent en Afrique se faire défriser à coup de sensations fortes au nom de leur 'quête spirituelle' et qui une fois revenu se considèrent comme des messies.

L'initiation par Iboga est d'une exigeance terrible, une exigeance inhabituelle, une possession, une mise à l'épreuve qui excède généralement nos capacités ( ce qui explique selon moi les égarements de bien des gens après l'initiation qui se prennent alors pour des 'maîtres' ).

Iboga fait un tel tord à l'EGO que sans un accompagnement sérieux à la suite de ça, l'EGO compense avec une force phénoménale l'affront qu'il a reçu du Bois.


Tatayo m'a raconté l'initiation d'un vrai yogi qui est venu se faire initier chez lui. A un moment donné le gars a dit 'stop' quand Hugues voulait continuer ; le type a indiqué qu'il ne voulait pas aller au-delà car cela dépassait ses capacités : ce type a vu le pouvoir de la plante, il a compris que cela est beaucoup fort que soi, qu'il y a là un être exceptionnel, qui a sur l'homme un pouvoir d'une incroyable profondeur. Alors, attention de ne pas le prendre à la légère...

Salut à toi !

Nyundu

7 Septembre 2006
nyundu@wanadoo.fr

5) réponses éclairantes ? :

On 3/27/06, MCC wrote: Bonsoir Tatayo Ma Misoba,

Depuis ce début d'après-midi je cherche les contacts pour venir au
Gabon recevoir l'Iboga pour mon 52ème anniversaire...

Bien cordialement
M CC


tatayo mamisoba a écrit :Bouékayé, bonjour Maie C.C,

Oui, basi, oui, tu arrives bien, je suis du 12 avril. Je vais me permettre d'envoyer ton/notre mail à notre récent banzi devenu Nganga et qui peut, si nécessaire renforcer ta confiance.Demandes lui....


Nous avons besoin d'une semaine préalable pour que tu nous connaisses et réciproquement.
Puis une semaine pour d'éventuels soins et l'initiation + cérémonie de sortie.
Certaines personnes ont aussi besoin d'une semaine pour se "recomposer".
Soient 3 semaines de séjour conseillées minimum.
N'hésites pas à écrire ou répondre à Nyundu, qui n'était jamais venu en Afrique Noire ...ce qui n'est pas ton cas. Il a 35 ans.
 
Très heureux que le Sacré Bois t'appelle. Ce sera au delà de tes espérances qu'Il/Elle va te recevoir. Sois confiante.
 
Grand Bien à toi.

Yo.


Le 28 mars 06, nyundu a écrit :

Salut MCC ,
Je confirme que je suis à ta disposition pour tout renseignement utile.
Salut !
Nyundu Na Mikanzo


Me revoilà, bokayé !

Il fallait que tu ais ces informations le plus vite possible, maintenant je vais prendre plus de temps pour répondre aux questions plus philosophiques que tu poses :
à priori non par rapport au travail fait avec la plante, rien ne doit nous toucher? pendant l'initiation, "on" ne touche pas le Banzi, on doit même pas lui parler pendant qu'il est sous l'effet du Bois. Ceci afin de laisser l'initiation aux soins de l'Esprit. Dans le Bois on est seul face à soi même et il faut qu'il en soit ainsi. Par ailleurs sous l'effet de l'Iboga on est "ouvert", donc vulnérable, le corps de garde est là pour assurer la protection du Banzi tant matérielle que spirituelle. Le Banzi est aux "mains" du Bwiti, de l'Esprit, il est sacré, on ne souille pas le sacré, donc on ne le touche pas. Le toucher pourrait laisser passer des influences que l'on ne soupçonne pas, on entre dans le subtil, tout acquiert une importance inhabituelle.

Peux-tu me raconter ton expérience? Difficile de raconter son expérience, impossible même, les mots manquent et mentent, alors je me suis donné comme ligne de conduite de ne dire que ce qui peut être utile à mon prochain. Mon expérience a été très douloureuse physiquement, émotionnellement et mentalement. Heureusement Hugues et les Ngangas de son corps de garde sont compétents et dignes de confiance et j'ai pu endurer les souffrances choisies par Iboga pour moi, bien entouré, en toute sécurité et sans me préoccuper d'autre chose que le travail d'Iboga en moi. Bien qu'ayant beaucoup souffert je reviens de l'initiation avec le sentiment d'être comme neuf, nettoyé dans le corps, dans le coeur et dans mes mémoires. Et j'ai oublié les douleurs de l'initiation, car ce que le bois te fait endurer, il te donne aussi la force de l'endurer. Tu as connu l'ayahuasca, tu sais donc quel genre d'épreuves nous réservent les plantes chamaniques de la forêt. Mon expérience d'Iboga ne se décrit pas en visions ou hallucinations, c'est beaucoup plus fort que ça, c'est une mort et une naissance, car Hugues donne le bois totalement et jusqu'à saturation afin qu'il nous envahisse comme Il le désire.

Trop de Ngangas peu scrupuleux dosent insuffisamment leurs Banzies, pour retenir la Connaissance et garder un pouvoir sur les "autres". Hugues est un véritable serviteur du bois et nul ne repart de chez lui sans avoir été inondé par la substance sacrée d'Iboga. Il faut faire confiance à ses méthodes et se laisser faire, il est un vrai "maître" initiateur expérimenté et qui ne cherche jamais à influencer les personnes que l'Esprit envoie vers lui.

Pourquoi y allais-tu? Pour de bonnes et de mauvaises raisons : je travaille "sur moi" ou devrais-je dire "sur le Moi" depuis quelques années maintenant et dans le cadre de cette recherche intérieure, suite à l'évocation de l'Iboga par un ami initié il y a très longtemps j'ai senti un "appel" ; ça c'est la bonne raison. La mauvaise c'est que je me croyais parti pour une sorte de dégustation vente de champignon hallucinogène. N'ayant jamais pris de drogue je me payais un "trip" sous le contrôle d'experts... Ce que j'ai trouvé sur place n'a rien à voir avec ça.

De quel pays d'origine es-tu? franco-français, de père, de mère, de grand et arrière grand père et mère, Aveyron, Bourgogne, Lot etc... Franchouillard quoi, brun aux yeux marrons, plutôt du midi !

Que s'est-il passé dans ta vie depuis le travail avec la plante? C'est une indiscrétion délicieuse... Si je prends autant de soins à répondre à tes questions (et à toutes celles que mes proches me posent) c'est qu'elles m'aident dans mon travail d'étude des effets d'Iboga en moi et me permettent de "faire circuler l'Esprit". Chaque interrogation est une occasion supplémentaire de manipuler le Bois en moi. Cela dit, personnellement, j'ai préféré partir vers le Bois avec le minimum de renseignements pour minimiser les influences et je me suis donc empêché de me renseigner. Toi au contraire tu préfères, parce que tu sens que c'est bon pour toi, avoir un certain nombre d'informations. Par ailleurs, expliquer ce qui se passe dans ma vie désormais, n'est significatif qu'à condition de savoir un minimum comment je 'vivais' avant. Sans rentrer dans des détails sordides qui me donneraient l'impression de parler exagérément de moi, l'initiation a renforcé l'Essentiel et amoindri l'annexe.

Voilà, MCC, ce que j'étais inspiré à partager avec toi aujourd'hui, je n'insisterai que sur un point : Hugues is the right man.

Meilleurs voeux de paix profonde !

Nyundu Na Mikanzo

nyundu@wanadoo.fr


 
         
creation graphique :
Francis Banguet